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Alain Bénédet : Le Sporting, une mentalité, un état d’esprit, des valeurs…

Les Interviews du Musée du Sporting Toulon

Le Sporting a toujours eu de grands attaquants, de grands buteurs et lui en est la preuve irréfutable. Durant sa longue carrière sur la rade, il aura inscrit plus de quarante buts. Véritable tour de contrôle de l’attaque Azur et Or, il aura souvent fait la décision, la différence.

Il aura permis aussi à la Rascasse d’être crainte autant pour sa défense de fer que pour sa capacité à marquer n’importe quand, n’importe comment. Il laissera un souvenir inaltérable dans les travées de Bon Rencontre ou de Mayol où son souvenir est encore vivace. Ce soir, c’est avec un réel plaisir que nous passerons un moment avec Alain Bénédet.

ALAIN, POURQUOI AVOIR CHOISI LE SPORTING ?

A l’époque, je jouais en D3. Le Sporting remontait en D2, et pistait un joueur (Danimbé) d’Albi, club où je jouais. Et comme celui-ci devait venir faire un essai, je suis venu aussi sur la rade à la demande de l’entraîneur d’Albi.
Lors de mon essai, un match amical contre Ollioules où l’on avait gagné 12 à 2, j’ai marqué 4 ou 6 buts et le club m’a fait signer comme amateur.

Dès la première année et au bout de 3/4 journées, j’ai remplacé Cheik Diallo qui s’est blessé et je n’ai plus quitté l’équipe première. J’ai marqué 16 buts cette saison là, tout en étant amateur. Puis j’ai eu des contacts : avec Strasbourg notamment, mais j’ai été obligé de signer mon premier contrat pro au Sporting, ce que je ne regrette pas.

QUEL JOUEUR DU SPORTING T’A LE PLUS MARQUE ?

Il y en a eu durant mes sept saisons passées à Toulon. Les Onnis, Dalger, Emon et Courbis. Jouer à coté de joueurs aussi talentueux, c’est top. Ginola aussi, jeune mais pétris de talent, tout comme Leboeuf, pas conservé par le club. Mais qui avait d’énormes qualités. Pas étonnant qu’ils aient fait d’aussi belles carrières.

Il y a eu Paganelli aussi. On s’entendait à merveille sur le terrain, on avait vraiment une belle entente tous les deux.

Et puis, il y a eu aussi un joueur qui à mon avis, est passé à coté d’une grosse carrière, c’est Joël Henry. Le joueur le plus talentueux techniquement, beau à voir.

UN SOUVENIR, UNE ANECDOTE SUR TON PASSAGE A TOULON ?

Il y en a tellement. Par exemple, chaque année le maire de Toulon de l’époque Maurice Arreckx organisait un repas avec les principaux clubs de la ville : le RCT et le Sporting. Mais aussi avec des sportifs Toulonnais comme le boxeur Marc Ruocco. Puis, il passait entre les tables et demandait à chaque président combien il leur manquait pour finir la saison et là…. il signait les chèques sur le coin de la nappe. C’était çà, Toulon (rire).

Il y avait aussi les causeries d’avant-match de Roland (Courbis) à l’hôtel. Dans le noir, pour nous surmotiver. Et là, inutile de te dire que l’on arrivait bien remontés dans les tunnels de Bon Rencontre ou de Mayol. On ne faisait pas la bise à nos adversaires comme on peut le voir maintenant… Il avait une façon de motiver son équipe comme personne !

UN MATCH EN PARTICULIER ?

La demi-finale contre Monaco où l’on perd 4 à 1 là-bas. On gagne 2 à 1 au retour dans un Mayol plein à craquer. Jean-Pierre Chaussin ouvre le score et je marque le deuxième. Vraiment, il ne nous a pas manqué grand chose ce soir-là pour se qualifier et jouer la finale !

Le match de la montée à Grenoble aussi. Celui de l’inauguration de Mayol contre le Borussia Mönchengladbach qui se termine par huit à quatre. Mais qu’avec des buts « venus d’ailleurs ». Sans oublier le match à Bon Rencontre contre le grand Hambourg de Hrubesch. On était en D2 et eux, au complet. Pas venus pour faire de la figuration, on les bat 5 à 1 !

EN QUELQUES MOTS, SI TU DEVAIS RÉSUMER TON AVENTURE TOULONNAISE ?

C’est grâce à Toulon et au Sporting que j’ai pu faire une carrière pro. Ça a été ma rampe de lancement. Et c’est de Toulon que je garde le meilleur souvenir. Le Sporting, c’était une mentalité, un état d’esprit, des valeurs. Une équipe de guerriers qui ne redoutait personne et ou rien n’était acquis. Et dans tout cela, le maillot avait une importance capitale !

A Toulon, on pouvait traverser la France en voiture pour aller jouer notre match.

Et que dire du public. Il était chaud, exigeant mais il savait tout nous donner ! Il aimait finalement voir ses joueurs se battre comme des chiffonniers !

QUE DEVIENS TU ?

J’ai eu la chance ces dix dernières années d’être l’adjoint de Francis Gillot et avec lui, on a entraîné Lens, Sochaux, Bordeaux, Shanghaï et l’an passé Auxerre.

Je suis dans l’attente d’un nouveau challenge, mais j’aimerais bien aussi avoir un projet personnel avec un club de National 3 ou National 2 , avoir une équipe à moi…

 

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