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John Lammers : J’ai appris à vivre le football à Toulon…

Les Interviews du Musée du Sporting Toulon

Arrivé sur la rade en même temps que son compère Peter Bosz. Il a sévi à la pointe de l’attaque Azur et Or à la demande de Roland Courbis et fut la tour de contrôle de celle-ci à la fin des années 80. Un mental de viking, une force et un talent qui compléta parfaitement la plus latine des équipes de première division de l’époque. Un profil choisi aux antipodes de ce qu’était le Sporting d’alors, mais un joueur qui su s’adapter et qui su apporter, avec son compère Batave, un air frais et une rigueur du nord. Le public ne s’y trompa pas et il laissera, malgré un court séjour, l’image d’un « bon gars » comme on dit chez nous. Ce soir, c’est avec John Lammers que je vous propose de passer un moment.

JOHN, POURQUOI AVOIR CHOISI LE SPORTING ?
Peter Bosz était déjà ici, il avait déjà signé. Moi, j’avais déjà joué 5 ans aux Pays-Bas et je recherchais une nouvelle expérience, quelque chose à l’étranger. C’était le moment de venir en France. Roland Courbis m’a téléphoné, il est venu chez moi, on a parlé. Il cherchait un attaquant, car il devait faire signer un Yougoslave qui n’a pas pu venir. C’est moi qui ai eu la place, ça s’est très vite fait.

QUEL JOUEUR DU SPORTING T’A LE PLUS MARQUE ?
C’est difficile de dire un joueur plus qu’un autre. Luc Borrelli était un bon jeune gardien et mon ami. Bell dans les buts était extraordinaire. Idem pour Pardo. Bruno Germain était très bien aussi. Mais celui qui m’a le plus marqué c’est François Zahoui. Il était sur le coté droit et m’a souvent donné de très bons ballons. Mais il a été aussi un super mec qui m’a aidé quand je suis arrivé en France. Je ne parlais pas le Français et il m’a énormément aidé à m’intégrer. Il a été super, sur et en dehors du terrain. D’ailleurs quand je suis rentré aux Pays-Bas, je n’ai jamais oublié son aide et j’ai essayé de faire la même chose avec les étrangers qui arrivaient au club.

UN SOUVENIR, UNE ANECDOTE SUR TON PASSAGE A TOULON ?
J’ai beaucoup de souvenirs ici. Mon premier fils est né à Toulon le 1er septembre 1989 et, quand je suis allé à la mairie pour le déclarer (avec François Zahoui), l’employée m’ a dit qu’elle ne pouvait pas enregistrer le prénom que nous avions choisi car il n’était pas Français et qu’il fallait en prendre un autre. Je lui ai dit que j’étais Hollandais. Il fallait demander à Monsieur le Maire son accord et comme il était supporter du Sporting, il a tout de suite accepté. Mon fils s’appelle : Riccardo.

Après, j’ai appris à vivre le football à Toulon. En plus, les relations sont différentes de ce que je connaissais chez moi. Quand, ici tu invites un copain à boire le café, il reste manger (rire). J’ai changé ma façon de vivre.

UN MATCH EN PARTICULIER ?
Un match contre Bordeaux à Toulon. La saison précédente le Sporting avait eu des problèmes avec l’arbitre qui devait être à Mayol ce soir-là. C’était la première fois qu’il remettait les pieds à Toulon. Roland nous a dit avant le match: “ce soir, le stade va être chaud, on va pouvoir jouer dur, car il n’osera jamais rien siffler et encore moins mettre un rouge”. Et il avait eu raison. A tel point que la dernière recrue de Bordeaux, Olsen (qui venait de Manchester United) avait demandée à sortir de peur de prendre des coups. Il avait même dit qu’à Toulon, c’était pire qu’en Angleterre. C’était un super joueur technique, qui était face à des gens qui ne lâchaient rien. A Toulon, on jouait pour gagner et on avait gagné 1 à 0.

EN QUELQUES MOTS, SI TU DEVAIS RESUMER TON AVENTURE TOULONNAISE ?
Elle m’a changé la vie, changé ma vision de la vie, changé ma façon de vivre. La façon de vivre en France est devenue la mienne.

Roland Courbis m’a beaucoup servi aussi dans la façon de faire mon travail. J’ai pris des choses à lui, pas tout, mais pas mal de choses.

En plus à Toulon le foot est important, comme partout, mais encore plus à Toulon. Le public était chaud, ça me manque, c’est ça que j’aimais. Ce public-là nous aidait.

QUE DEVIENS-TU ?
Je suis, depuis cette saison, l’entraineur de l’équipe d’Esberg au Danemark. On joue en 2ème division. L’équipe vient de redescendre. On a beaucoup de talents chez nos équipes de jeunes (on vient d’être champion du Danemark en U19) et mon challenge est de remonter en Superliga (1ère division) avec 5 de ces jeunes. Dans quelques années, j’aimerais bien revenir travailler en France, pas dans un « grand » club, mais tenter un dernier challenge dans ce pays…

Je suis toujours les résultats du Sporting. Cette ville et le public mérite un grand club.

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Source
Le Musée du Sporting Toulon

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