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Le Sporting était une vraie et belle famille…

Le Musée non officiel du Sporting Toulon – Bernard SIMONDI

Encore un Toulonnais pur souche qui va être formé au pied du Faron et qui va défendre fièrement et chèrement les couleurs Azur et Or (1970/77). Défenseur made in Toulon, il sera un des précurseur de ce qui deviendra la marque de fabrique du club de la rade, à savoir : une défense de fer avec des guerriers qui la compose ! Il aura porté à 150 reprises le maillot frappé de la rascasse lors des sept saisons passées ici,  chez lui, à Toulon. Ce soir, c’est avec Bernard Simondi que le Musée vous propose de passer un moment…

BERNARD, POURQUOI AVOIR CHOISI LE SPORTING ?

La question ne s’est même pas posée. J’allais au stade avec mon père et mon grand père et comme j’étais Toulonnais, c’était une évidence de jouer au Sporting.

J’ai fait l’inauguration de la première école de foot qu’il y ait eu au Sporting. À cette époque, elle était encadrée par des joueurs professionnels et moi. C’est Mr Touré (le père de José) qui nous emmenait dans sa 403…

QUEL JOUEUR DU SPORTING, T’A LE PLUS MARQUÉ ?

Ce serait trop désagréable et injuste de ressortir un joueur plus qu’un autre. Je n’ai pas envie de citer un joueur en particulier. J’ai  joué avec des gars formidables et vécu tant de belles choses avec eux. Nous étions un groupe. On se voyait avant et après les entrainements. On était proches les uns des autres. Le Sporting était une vraie et belle famille.

On était des gens de caractère…

UN SOUVENIR, UNE ANECDOTE SUR TON PASSAGE A TOULON ?

Il y en a eu tellement. Par exemple, avec Marcel Duval, on avait eu un ou deux matchs qui ne nous correspondaient pas. Lui qui n’était pas un sudiste comme nous était rentré dans une colère noire lors d’une réunion. Une colère à en avoir le visage tout rouge, je me souviens. Il avait « pris » tous les joueurs un par un, en les menaçant de mettre les jeunes à leur place. A moi, il ne m’avait trop rien dit, j’étais tout jeune. Mais, je me souviens comment il avait  interpellé Alain (Larderet) en lui disant : « toi, Alain, tu iras travailler dans les ascenseurs (travail qu’il faisait avant d’être professionnel). À un autre, il lui dit qu’il retournerait sur les chantiers navals à La Seyne. Arrivé au tour de Tigana, Jean lui dit : « moi, j’ai un B.E.P. Compta »… Marcel  lui répondit aussitôt : « non , toi t’as rien, t’iras faire le facteur » ! Personne ne pipait mot, c’était le silence. Puis Jean a commencé à parler et ça a fini en grand fou-rire dans le vestiaire.

On était des gens de caractère et Marcel avait su nous « piquer ». C’était du management à l’ancienne, sûrement, mais terriblement efficace. C’était psychologiquement particulier, mais Marcel savait nous gérer et on devenait des lions, des combattants. On était tous solidaires des autres.

J’ai encore quelques souvenirs comme ça en y pensant : on a eu un joueur qui s’appelait Paolo Motta. Aux entrainements, il courait tout seul dix mètres devant tout le monde. Au bout de trois semaines, il avait disparu. Il y a eu aussi un Péruvien (Ramirez), il me semble.

Avec des gens comme Paul Orsatti ou Sarr Boubacar, c’était un vrai bonheur.

Il y a eu aussi ce match “amical” organisé par Robert Peri et Robert Eyraud (le père de Patrice). Les vignerons du Beausset contre l’équipe du restaurant à Robert Péri, justement… Je me souviens que les seaux de rafraichissement étaient remplis de pastis (éponges comprises (rires). Que de bons souvenirs.

UN MATCH EN PARTICULIER ?

Mon premier match en pro contre l’AS Cannes. C’est tellement improbable. A l’époque, il n’y avait qu’un seul remplaçant. Ce devait être un collègue, mais celui-ci tombe malade avant le match. Le coach fait alors appel à moi pour le remplacer. Et là, le joueur titulaire se blesse, je suis rentré arrière gauche (le seul match que j’ai fait à ce poste). J’ai fait un bon match, car j’ai continué à jouer. J’avais dix-sept ans et demi. Par la suite, j’ai joué latéral droit.

Un bonheur immense…

EN QUELQUES MOTS, SI TU DEVAIS RÉSUMER TON AVENTURE TOULONNAISE ?

C’est un bonheur immense parce que je suis Toulonnais et faire son métier de footballeur dans sa ville…

« Après, le truc »……… (un long silence ) …………. »je ne saurais pas trop vous dire”……. (NDLR : je sens beaucoup d’émotion dans la voix).

« C’est ma ville, des moments extraordinaires partagés avec des potes « ……. (un long moment de silence, la voix tremblante, il reprend…)

« Et puis, on a vécu des moments difficiles aussi et de ne rien avoir pu faire pour ce club, pour aider le Sporting…

Effectivement, je suis ému d’en parler, ce sont les circonstances. C’est quelque chose de fort et j’en parle à des milliers de kilomètres. Mais voilà, Toulon c’est mon club et c’est ma ville. Mes parents sont enterrés là-bas et je suis né à l’Escaillon.

QUE DEVIENS TU ?

J’étais entraineur pour une équipe Marocaine et là, je suis à Oman où j’ai des entretiens pour devenir coach d’un club ici. J’ai aussi des contacts avec une fédération asiatique pour entrainer une équipe nationale. J’espère pouvoir faire un choix et faire le bon.

Petite note perso : Merci Bernard pour ce moment, vraiment top et vraiment fort, y compris pour moi – Eddie

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Bernard SIMONDI
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