Actus

Tout ça pour ça…

Annoncé le 22 avril puis reporté au mois de mai, le COMEX s’est finalement tenu à la surprise générale le vendredi 23 avril pour accoucher d’une décision qui semblait inéluctable : déclarer une saison blanche pour le championnat de N2…

Des mois d’attente, de doutes, d’espoir. La nécessité pour les staffs de maintenir des groupes en manque de compétition, impliqués ; pour les dirigeants de gérer des manques de revenus ; pour les sponsors de perdre un semblant d’exposition et des supporters, déjà privés de stade, de résultats…

Frustration

Pour le Sporting et malgré un ultime match au mois d’octobre 2020 se soldant par une douloureuse défaite dans les arrêts de jeu à GOAL FC, beaucoup de choses se sont passées. Le désamour assumé de nombreux supporters à l’encontre de dirigeants insuffisamment armés pour exister la saison passée en National ; s’est vu bousculer par l’arrivée du trio Tigana/Bettoni/Damiano. Leurs nombreuses références de joueurs, de techniciens validant assurément un avenir radieux au Sporting. C’est en tout cas la croyance quasi générale dans les rangs des supporters de la Rascasse et des membres du club. Seul l’avenir nous le dira… La seule chose factuelle à l’heure où sont écrites ces lignes est que le staff et l’équipe 1 étaient dans les temps de passage pour viser une remontée immédiate. Un duo de coaches, ayant récupéré un groupe affecté au sein d’un club bousculé par l’épisode Boudjellal et la défection d’un grand nombre d’amoureux appelant au boycott. Bravo au staff mené par Karim Masmoudi et l’historique Luigi Alfano, pompiers de service, et aux joueurs.

Cohérence ?

Mais revenons-en à ce fameux COMEX et le courage de la FFF qui dans la situation sanitaire actuelle n’est certainement pas la véritable décisionnaire. N’avez-vous pas ce sentiment d’avoir été baladé durant des mois ? N’avez-vous pas la sensation que cette issue était écrite d’avance ?

Aurons-nous un jour une explication cohérente du maintien de la Coupe de France et des championnats de la L1 au National en passant par la D1 féminine, pour un arrêt de tous les autres : nationaux, régionaux, masculins, féminins, … ? Les protocoles étaient clairs, drastiques, contraignants et pourtant ; appliqués ! L’idée de ce billet n’est pas de minimiser les ravages sanitaires et économiques de la pandémie mais plutôt d’interroger ce manque de cohérence. Pourquoi un tel traitement à l’encontre du monde amateur ? Pourquoi le mettre en lumière lorsqu’il est capable de briller en Coupe et ne pas lui faire confiance lorsqu’il s’agît de jouer des matchs de championnat à huis-clos ? Pourquoi avoir tant attendu ?

Les têtes pensantes de la fédé ont-elles joué la montre ? A commencer par son président fraichement réélu, trop occupé à mener campagne. N’était-elle pas en contact avec son ministère de tutelle, qui avait déjà remis en cause une reprise des championnats de N2 et de D2 féminine il y a quelques semaines ?

Toutes ces questions resteront sans aucun doute sans réponses. Il sera facile de se cacher derrière la COVID, là où c’est le manque de courage et de cohérence qui prédominent.

Réformer ?

Tout ce cirque appelle à une véritable réforme du foot amateur. A l’heure où l’on entend parler d’un championnat de L1 et L2 à 18 clubs, ne serait-il pas temps aussi de professionnaliser la 3ème division en créant une L3 ? De stabiliser les championnats de N2 mais aussi de faire évoluer les N3 au niveau fédéral ? Et d’avoir cette même logique pour les championnats féminins ?

Ce type de réformes nécessitera évidemment du courage, mais aussi et surtout la capacité de travailler main dans la main pour la fédération et la LNF. Dans le respect du monde amateur et en ôtant les oreilles du seul aspect financier.

Nicolas MINISCALCO, président du M.A.O.

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